mercredi 18 janvier 2012

Comment ont évolué les dépenses publiques en France ?



 
Les dépenses publiques en France ont progressé sans tempérance. Pour 100€ de dépenses privées, il y a désormais 130 € de dépenses publiques.
Comment en est-on arrivé là ?
En monnaie courante, les dépenses publiques ont été multipliées par 66 depuis l’année 1960.
Ce chiffre parait absurde : il faut en effet tenir compte de l’érosion monétaire pour rendre les chiffres comparables.
 Si l’on tient compte de l’érosion monétaire, et que l’on aligne tout sur la valeur de l’Euro en 2010, on voit que les dépenses publiques ont été multipliées par 6,8 !


Sur longue période, la progression des dépenses publiques est  régulière, indifférente aux aléas économiques et aux changements de majorité politique.
Mais à force de courir les yeux fermés, on finit par rencontrer un obstacle.
L’obstacle, c’est que  l’impôt et l’emprunt qui financent ces dépenses ont nécessairement une limite.

D’une part, le secteur privé a des capacités limitées pour supporter les prélèvements obligatoires finançant ces dépenses. La fuite de l’industrie hors de l’ « enfer fiscal » français est la manifestation de cette limite. L’excès de fiscalité restreint la base imposable.
D’autre part, la capacité d’endettement pour financer ces dépenses est elle aussi limitée. La crise des dettes publiques est la manifestation de cette deuxième limite.

Pour remédier à ces dérives en matière de dépenses de chômage, la solution proposée est ici.
Pour remédier à ces dérives en matière de dépenses de santé, la solution proposée est ici.
Pour remédier à ces dérives en matière de dépenses d’enseignement, la solution proposée est ici.
Pour remédier à ces dérives en matière de dépenses d’allocations sociales, la solution proposée est ici.




Sources INSEE  Pouvoir d’achat de l’€uro et du franc http://www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp?id=29&type=1&page=achatfranc.htm


mercredi 30 novembre 2011

Faut-il séparer l’économique et le politique ?



Le « marché » est le bouc émissaire des crises.
Pourtant, ce n’est pas le marché qui a créé les subprimes. Le système des subprimes a été institué en 1938 par l’Etat fédéral américain, mis sous tutelle du Département du logement en 1992, garanti par un vote du Sénat le 26 juillet 2008, et mis sous contrôle direct du gouvernement fédéral en septembre 2008.
En 2011, ce n’est pas non plus le marché qui génère la crise des dettes. Ce sont les collectivités publiques qui ont dépensé plus que leurs recettes, prétendant que pour améliorer l’économie il fallait prélever de l’argent privé pour faire des dépenses publiques.
Dans ces deux cas, les intrusions du politique dans la sphère économique sont inopportunes si l’on en juge par le résultat.
L’ « indignation » contre Wall Street se trompe donc de cible. Ce n’est pas parce que la crise se manifeste sur les marchés qu’elle est le fruit des mécanismes de marché. Les marchés ne doivent pas pour autant être enveloppés du manteau de l’innocence. Ils ont leurs propres vices.
Voilà pour l’actualité.
Mais si nous prenions un moment pour rechercher dans les racines de l’Histoire ce qui nous mène à la confusion actuelle entre le politique et l’économique ?
Creusons.
Remarquons d’abord que dans les sociétés traditionnelles, la confusion entre le politique et l’économique est inexistante. Dans une société traditionnelle, il y a une séparation entre les fonctions de maintien de l’ordre temporel (police, justice, législation, armée), et les fonctions de commerce :
- En Inde, c’est la distinction entre les « kshatriyas » qui assurent l’ordre temporel, et les « vaishas » qui réalisent les fonctions de commerce.
- Sous l’Ancien Régime, l’ordre temporel et le commerce sont les fonctions respectives de la noblesse et du tiers état.
- En Suède, cette distinction de l’ordre temporel et du commerce était reflétée jusqu’en 1866 dans l’existence de quatre chambres parlementaires, dont deux étaient dévolues à ces deux fonctions respectives. Ce système a duré mille ans.
 - A Bali, cette distinction s’opère entre les « basias » et les « wesias », et demeure en vigueur.

Si la distinction des fonctions d’ordre temporel et de commerce est à ce point universelle, est-ce le seul fruit de la coïncidence ? N’y a-t ’il pas quelque juste principe à y trouver ?
D’ailleurs, on peut aller plus loin : la destruction des structures traditionnelles qui distinguaient les différentes fonctions n’a-t-elle pas pour effet de laisser l’individu seul face à la brutalité des mécanismes quantitatifs du marché ? Les corporations de métiers et les structures familiales n’étaient-elles pas de confortables protections ? Enfin, l’Etat est-il vraiment capable de suppléer à cette dimension qualitative qui a été écrasée par la modernité ?  
Aujourd’hui, l’individu est face à un marché qui génère des effets d’éviction brutale. Le marché se fonde sur la seule valeur quantitative de l’échange, c’est pourquoi il est par nature dans l’incapacité de prendre en compte la dimension qualitative et supérieure de l’être humain.
Par exemple, un employeur préfère embaucher un salarié très productif pendant soixante heures, et laisser au chômage deux autres salariés moins productifs, plutôt que d’employer ces trois salariés pour une durée de vingt heures chacun. Le marché se désintéresse des deux salariés évincés. Il est tangible que par ce mécanisme le marché génère le chômage.
De plus, l’augmentation immodérée des dépenses publiques montre son impuissance à panser les plaies car l’intervention publique telle qu’elle est pratiquée remplace une quantité par une autre quantité.
En revanche, je crois que le politique, à condition qu’il soit placé hiérarchiquement au-dessus du marché, et donc qu’il évite de se fourvoyer dans des interventions quantitatives, a la capacité d’imposer une règle générale en faisant par exemple supporter à l’employeur une cotisation chômage proportionnelle au temps de travail.
Ainsi, dans cet exemple précis, le politique fixe une règle générale pour internaliser le coût du chômage, et le faire rentrer dans les calculs d’équilibres économiques faits par les employeurs.

En matière de finance, un pouvoir politique placé au-dessus des marchés a la capacité d'éviter le gonflement disproportionné de la sphère financière en faisant supporter aux banques un taux directeur proportionnel au rapport entre les fonds propres et les engagements : la banque doit payer le risque qu'elle fait encourir au système.
Dans ces deux exemples, développés par ailleurs dans ce blog, le politique fixe une règle générale et la fait appliquer : l’ordre temporel s’impose à l’économique sans se confondre avec lui.


En pratique, l'application de ce principe contre le chômage est développée ici.
L'application de ce principe contre les excès de la finance est développée ici. 

samedi 19 novembre 2011

Dette publique et tour de magie


Et si on parlait de dette publique de façon plus simple ?

Retirons les notions de « PIB », de pourcentage, de taux d’intérêts.
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Arrêtons d’évoquer ces milliards qui dépassent notre entendement, et remettons tout à l’échelle humaine.
Même si ce procédé est critiquable, car un Homme  a une durée de vie différente d’un État, nous aurons au moins gagné en lisibilité.
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Prenons le cas d’une famille moyenne avec deux parents salariés et deux enfants scolarisés.

Le salaire de madame est le salaire moyen des femmes, soit 1834 € / mois.
Le salaire de monsieur est le salaire moyen des hommes, soit 2240 € / mois.
Quelle est leur situation au regard de la dette publique ?
En plus des dettes courantes pour leur achat de maison et de voiture, leur part de la dette publique est de 104.123€ (dont  4.593 € en raison des « cadeaux fiscaux » du début du quinquennat actuel).
Cette dette, déjà lourde, augmente  de 1396 € chaque mois car les dépenses sont très supérieures aux recettes. En effet, leur part de dépenses publiques est chaque mois de 5610 €, alors qu’ils paient des prélèvements obligatoires à hauteur de  de 4214 €.

Pour faire calcul, je prends le total des dépenses publiques, je les divise par le nombre d'habitants en France, et je multiplie ce chiffre par quatre, soit le nombre de personnes composant ce foyer standard de référence. Ce foyer a deux actifs et deux inactifs, ce qui est une proportion proche de la population française.
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Je fais la même opération pour les prélèvements obligatoires.
Le système tient malgré tout car il reste des prêteurs qui acceptent de leur verser ces 1396 € par mois dans l’espoir d’être un jour remboursés.
Il y a toutefois un problème.

Les prêteurs constatent que les dépenses battent des records. Les prêteurs peuvent par exemple constater que le nombre de fonctionnaires publics territoriaux a augmenté de plus d’un demi-million ces dix dernières années, ou que la dépense par élève du secondaire est passée en euros constants de 6651 € en 1989 à 9377 € aujourd’hui.

Et au plan global, les prêteurs peuvent remarquer que les dépenses publiques ont augmenté en euros constants de plus d’un tiers au cours des vingt dernières années, alors qu’elles étaient il y a vingt ans déjà excessives au regard des recettes.

Les prêteurs peuvent remarquer que les dépenses publiques représentent désormais 1,3 fois les dépenses privées. Ils peuvent penser que c’est économiquement intenable pour la sphère privée, que l'industrie va continuer de fuir le pays, et que la bureaucratie dévore l’argent. Ils peuvent constater aussi que le gouvernement actuel a amplifié ces excès.

De plus, du côté des recettes, la pression fiscale a des limites pratiques. La fortune cumulée de tous les milliardaires français permettrait de payer 1 mois et 20 jours de dépenses publiques. Les riches sont certes très riches, mais un camion-citerne, même énorme, est  impuissant à remplir un océan : concrètement, l’échelle n’est pas la même.

Il y a donc pour les prêteurs un risque de non-remboursement, ainsi que cela est avéré en Grèce.

Pour pouvoir prêter, rappelons que ces prêteurs collectent l’épargne d’une multitude d’individus qui produisent plus qu’ils ne consomment : les fourmis prêtent aux cigales.  Ces prêteurs demandent un taux plus élevé pour rémunérer le risque de non-remboursement qui émerge.

 Alors il se produit un tour de magie.

Les prêteurs changent de nom.

Par la magie de la propagande médiatico-politique, les prêteurs deviennent des « marchés financiers qui attaquent », des « banquiers avides de profits », des « fonds spéculatifs qui jouent contre les États ». On accuse en bloc tous les intermédiaires.

L'avidité est certes condamnable, mais qui se laisse bluffer par ce vilain tour de magie ? Pourquoi accuser les prêteurs ? Les accusateurs cherchent-il à masquer leurs propres excès?

Ces questions en appellent surtout une autre, peut-être plus fondamentale : qui est capable de tenir un discours juste ?

La société française est déséquilibrée et rares sont ceux qui ont conscience de la proximité du point de rupture. La bureaucratie a un pouvoir excessif au détriment du citoyen, et génère des dépenses démesurées, dans une inconscience de la situation réelle.

C'est ce défaut de conscience qui cause la sincère surprise des Grecs. En France, ce défaut de conscience empêche pour l’heure l’émergence des solutions pratiques de rééquilibrage du pouvoir en faveur des citoyens. La surprise viendra à son tour, sauf si on l'anticipe par des mesures de rééquilibrage. Il est encore temps.

Les solutions de rééquilibrage sont développées dans le présent blog. J’en extrais cinq à titre d'exemple. Ces solutions replacent pour partie la décision au niveau du citoyen.

1-     Rétablissement du droit des citoyens de choisir ses assurance santé, retraite, et chômage, mais dans le cadre d’un cahier des charges prohibant l'éviction.
2-     Rétablissement du droit de choisir l'établissement de scolarisation de ses enfants.  Instauration du chèque éducation et de l'autonomie des établissements, dans le cadre de programmes scolaires nationaux qui seraient maintenus pour éviter la fragmentation.
3-     Rétablissement du droit de construire (le droit de construire est entre les mains des maires aujourd’hui), mais maintien des règles générales d’urbanisme. Les citoyens doivent avoir le droit de construire sans autorisation particulière préalable, et dans le respect des règles générales de voisinage, de préservation des espaces verts et des voiries.
4-     Rétablissement de la distinction entre le politique et l’économique. Le montant des aides aux entreprises dépasse le montant de l’impôt sur les sociétés : il faut supprimer les deux, pour redonner aux entrepreneurs leurs responsabilités de décision, faire des économies de dépenses publiques, et faire de la France un pays sans impôt sur les sociétés.
5-     Rétablissement de l’autonomie de financement des collectivités locales. Notons que le versement de l’Etat aux collectivités locales est de 75 milliards d’€, soit la première dépense de l’Etat.  Cette dépense doit être stoppée. Les élus locaux doivent rendre compte aux électeurs des prélèvements obligatoires qu’ils instituent.


In medio stat virtus.




Webographie :

Salaires moyens selon l’INSEE /

Montant de la dette publique selon l’INSEE /

 Population française selon l’INSEE /

Dépenses publiques selon les documents budgétaires du projet de loi de finances pour 2012 /

Prélèvements obligatoires  selon les documents budgétaires du projet de loi de finances pour 2012 /

Evolution de la fonction publique selon les documents budgétaires du projet de loi de finances pour 2012 /

 Dépense par élève selon l’INSEE, évolutions depuis 1980 /

 Les plus grandes fortunes de France selon le magazine Challenges /
http://www.challenges.fr/classements/fortune/




jeudi 22 septembre 2011

Comment échapper à la menace de la dette publique ?



Face à la dette publique menaçante, faut-il plutôt réduire les dépenses ou augmenter les recettes ?

Pour déterminer la réponse juste, il est intéressant d'observer l'évolution des dépenses publiques depuis 20 ans :

( Sources / Dépenses : série longue INSEE ; Inflation : Tableaux complets INSEE ; Graphique : Sylvain Jutteau ; Cliquer sur le graphique pour l'agrandir )



France : dépenses record

Les dépenses publiques entre 1990 et 2010 ont été majorées de...34% en euros constants !
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Selon la Cour des Comptes, la France détient désormais dans la zone euro le record de dépenses publiques, à l'exception provisoire de l'Irlande pour l'année 2010 (Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, tableau 9, page 192).

En effet, en 2010, les dépenses sont de 1094,50 milliards d'€, soit plus de 56% de la richesse produite (PIB), alors que les autres pays sont en dessous de 56%, et descendent jusqu'à 40%. Les projections pour 2011 maintiennent la tendance.


Est-ce un complot destiné à affaiblir la France ?

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Ce qui est frappant, c'est que l'outrance dépensière de la France est peu connue du grand public. La Cour des Comptes elle-même alerte sur les conséquences directes de ces excès, mais est discrète sur les dérives de longue période.
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Mais je ne crois pas qu'il y ait complot ou volonté expresse de nuire de la part de la Cour des Comptes en particulier ou de la haute fonction publique en général. Il s'agit bien plutôt à mes yeux d'une sorte d'inconscience cotonneuse, liée à la consanguinité du recrutement et de la formation. En effet, quelle peut être l'étendue de la conscience du réel chez un étudiant brillant qui n'a connu que ses livres et la fonction publique ?
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Cette inconscience mène à l'ignorance.
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Par exemple, si les dépenses publiques avaient juste évolué au rythme de l'inflation depuis 1990, nous n'aurions pas une dette de 1600 milliards d'€, mais au contraire une réserve financière de 2800 milliards d'€. Le seul maintien de l'évolution des dépenses au niveau de l'inflation nous aurait placé dans la même posture de puissance financière que la Chine. Qui le sait ? Qui en a conscience ? Qui a osé faire ce calcul ?
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Y-a-t'il un pilote dans l'avion ?
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Au lieu d'agir sur la base de cette réalité objective, une "culture du service public" tient lieu de ligne de conduite officielle. Derrière cette ligne de conduite, s'exprime toute la palette des comportements humains, depuis la pure générosité jusqu'au corporatisme recuit. Mais au total, il y a absence de pilotage.
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On peut objecter que c'est le gouvernement qui est supposé exercer ce pilotage en tant que dirigeant de l'exécutif.
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Mais les gouvernements successifs se perdent dans leurs considérations électoralistes de court terme au lieu d'honorer leur mission de direction de l'exécutif. En pratique, les gouvernements naviguent entre la mise en oeuvre de programmes électoraux sans profondeur, la mise en oeuvre de recommandations faites par l'administration elle-même, et le dialogue avec les différents lobbies qui gravitent autour des ministères, le tout dans une peur panique des manifestations de rue et des grèves.
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La bureaucratie va donc à vau-l'eau, sans tempérance, dans une autonomie qu'elle n'a pas demandé, et génère sa propre croissance organique sans véritable volonté d'ensemble.



Peut-on sortir du piège de la dette ?

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Pendant les vingt dernières années, les prestations délivrées par le service public ne s'étant pas étendues, on peut supposer que c'est une perte d'efficience qui est la cause de la dérive des dépenses.

Par exemple, depuis 1980, la dépense moyenne pour un élève du premier degré a augmenté de 76,7 % en € constants (voir la source INSEE).
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Avec cette perte d'efficience, la sphère publique est de plus en plus volumineuse, et vit aux dépens d'une sphère privée qui est relativement de plus en plus réduite. La pression sur la sphère privée est donc souvent au delà du supportable. La sphère privée en France subit la double pression de la concurrence internationale et d'une emprise exceptionnelle de la sphère publique.

Pour porter cette charge excessive, la sphère privée en France est astreinte à l'un des niveaux de productivité parmi les plus élevés du Monde. Remarquons aussi que les entreprises qui ont survécu à l'hostilité fiscale et bureaucratique en France, sont des championnes à l'étranger.

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Il est temps de relacher la pression. Il est temps de revenir vers de sains équilibres.
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En matière d'enseignement, de santé, de fiscalité, de retraite, de collectivités locales, de chômage, les solutions développées dans le présent blog permettent précisément de changer sans délai et en douceur le sens de la courbe des dépenses, tout en maintenant les prestations. Ce changement de sens me parait préférable à des coupes brutales.
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En suivant le chemin inverse de celui parcouru entre 1990 et 2010, les dépenses publiques peuvent être réduites d'un quart en dix ans, pour le bienfait de tous.

mardi 23 août 2011

Crise financière ? Je connais le vrai coupable.


Qui génère la crise financière ?

Tous les accusés sont convoqués au tribunal de la pensée unique : les banques, les fonds d’investissement, les spéculateurs, le FMI, les banques centrales, les agences de notation.
Mais ces accusés si divers peuvent-il concrètement avoir coordonné un tel complot ?

Non, je pense que c'est absurde. Je pense qu'il faut éveiller sa conscience et se demander si le vrai coupable peut être ailleurs. Il y a peut-être une réponse plus cohérente que d'accuser en bloc des intervenants si différents entre eux. 

Ouvrons l’enquête.

D’abord les faits.

Où se situe la crise ?

La crise prend naissance dans les démocraties occidentales ou de type occidental. Hors ces démocraties, les économies émergentes ont poursuivi leur croissance en 2008, 2009, et 2010.

Quelle est la nature de la crise ?

La crise est une crise des excès d’argent circulant.

D’une part, les volumes d’argent circulant à l’intérieur de la sphère financière sont excessifs par rapport au restant de l’économie. Ces excès sont amplifiés dans des bulles ( bulle internet, bulle des matières premières, bulles des produits dérivés, etc…), et ces bulles éclatent.
Voici ci-après sous forme graphique le rapport entre la masse d'argent en circulation (notée ici "M3") et la richesse produite ("PIB"). Ce rapport devrait être stable, et la courbe devrait être de tendance horizontale. C'est loin d'être le cas :





(Graphique : Sylvain JUTTEAU
sources : séries M3 de la Banque de France, et séries PIB de l'INSEE;
cliquer sur le graphique pour l'agrandir )


D’autre part, les Etats dépensent plus qu’ils n’ont de recettes. Les Etats ont donc une dette qui gonfle. Les Etats s’endettent et injectent de l'argent dans l’économie au prétexte de la stimuler. Cette injection amplifie encore les excès.


Ces constats induisent trois questions simples

1-      Qui produit la monnaie qui circule en excès ?

La monnaie est constituée à l’origine par des avances faites par les banques centrales aux autres banques.
Il faut faire un petit effort pour comprendre le mécanisme :
Les banques centrales sont les "banques des banques". Les autres banques, celles que nous connaissons au quotidien, sont nommées les banques de "second rang".

Les banques centrales prêtent de l'argent aux banques de second rang. Avec cet argent, les banques de second rang peuvent prêter à leurs clients. Les clients versent cet argent à des vendeurs pour acheter des biens et services. Les vendeurs déposent l'argent reçu sur des comptes bancaires. Ces fonds déposés par les vendeurs permettent à nouveau aux banques de prêter, et ainsi de suite.
Lorsqu’un euro est avancé par la banque centrale, cela génère environ sept euros en circulation.

2-      Qui fixe le cadre d’action des banques centrales ?

Ce sont les Etats.

3-      Qui s’endette en masse pour injecter de la monnaie et tenter de stimuler l’économie ?

Ce sont les Etats.

L’injection de monnaie par les banques centrales comme l’injection de monnaie par l’excès d’endettement sont le fait des Etats. Ce sont les Etats qui à la source génèrent les excès. Personne d’autre ne peut être accusé d’en être à la source.
Les suspects convoqués à l’origine au tribunal de la pensée unique sont les amplificateurs, les profiteurs, les usuriers d’un vice qui à la source n’est pas de leur fait mais du fait des Etats.


Mais l’enquête doit se poursuivre : à qui profite le crime ? 

Qui a intérêt à faire croire que l'injection d'argent par les banques centrales et par l'endettement public permet de stimuler l'économie, alors qu'aucun "plan de relance" n'a permis de hisser une économie au-dessus de 3% de croissance ? ( voir à ce sujet l'article "Les plans de relance sont-ils bidon ?").
Qui a intérêt à distribuer de façon visible de l'argent public, quitte à endetter l'Etat avec discrétion ? En effet, les allocations par exemple sont visibles au crédit du compte des particuliers, mais la dette n'y apparait pas au débit.
A ces questions, une réponse s'impose. Le crime profite aux hommes politiques qui cherchent à s'attirer les faveurs du corps électoral.
Là, nous avons un coupable plus précis. Les décisions politiques de court terme fournissent le carburant monétaire qui permet le gonflement excessif de la sphère financière. L'objectif réel de ces décisions politiques est de tirer un bénéfice électoraliste de court terme, même si les conséquences de long terme sont funestes.
Enfin, nous y sommes ! La dette est invisible, mais les dépenses publiques sont visibles. Le mécanisme des avances des banques centrales est invisible de la masse des électeurs, mais il permet d'injecter de l'argent visible.

La perception de l'information est assymétrique : les hommes politiques profitent de cette assymétrie à leur petit profit personnel.

Quel est le remède ?

Pour remédier aux excès financiers, il suffit que le rapport entre la production réelle et le volume de la monnaie soit régulé.
On doit rétablir des proportions harmonieuses entre le monde financier et le reste de l'économie.

En pratique, comment faire ?

Nous avons vu que la monnaie vient des banques centrales : les banques centrales font des avances aux autres banques. Ces avances sont faites moyennant un taux nommé "taux directeur".
Pour que le rapport entre la production réelle et le volume de la monnaie soit régulé, il suffit que le taux directeur des banques centrales soit proportionnel au rapport entre la masse monétaire et le PIB :
- Si la masse monétaire devient trop importante, le taux augmente, et il y a moins d'argent avancé car l'argent est "plus cher".
- Si la masse monétaire est trop faible pour assurer les fonctions d'épargne et d'échange dans des conditions optimales, le taux baisse, et il y a plus d'argent avancé par la banque centrale, car l'argent est "moins cher".


Sur un plan plus technique, vous pouvez aussi consulter l'article suivant qui définit la formule de calcul du taux directeur tel que je le définis : ICI



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Les accords financiers de Bâle 3 en cours de mise en oeuvre définissent pour les banques un rapport entre fonds propres et engagements. Bâle 3 se penche sur la micro économie bancaire, et se montre incapable de mettre en oeuvre la régulation macroéconomique que je crois nécessaire. La faiblesse de Bâle 3 est de négliger la source concrète de la rupture entre la finance et la production, c'est-à-dire l'excès de masse monétaire par rapport au PIB.



lundi 1 août 2011

Etes-vous un bon pigeon pour la pensée unique?





La pensée unique utilise des méthodes efficaces pour conditionner les esprits. Mais il suffit de quelques minutes de réflexion pour en démonter les mécanismes.

Quelques minutes pour sortir du "piège mental" qui est tendu.

L'arme la plus efficace du conditionnement des esprits est l'emploi de mots à double sens.
Choisissons par exemple le mot de « rigueur ». Qui n'a pas entendu parler de la "politique de rigueur"? Le mot de "rigueur" est employé de manière si répétitive qu'il est rentré dans le cerveau de tous les individus adultes. Ce mot est devenu une "évidence".

Faisons sortir ce mot du domaine de l'évidence.

La « rigueur » consiste en réalité à équilibrer les recettes et les dépenses publiques. Au lieu de choisir le mot « équilibrage », qui est la description de la réalité, on choisit le mot « rigueur » qui a une connotation négative.

Ce choix du mot "rigueur" avec une connotation négative au lieu du mot "équilibrage" qui est la désignation exacte de la politique en question, induit deux mensonges complémentaires :

Le premier mensonge induit est :
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- Etablir des comptes équilibrés est une politique anormale et provisoire.

Le second mensonge induit est : 

- Le choix politique du déséquilibre des comptes publics est normal et incontestable


Ces deux mensonges induits servent à masquer le vice des politiques publiques, qui consiste à dépenser plus d’argent qu’il n’y a de recettes, quelles que soient les conditions économiques.

Une fois que l’on a pris conscience de ces mécanismes de mensonge, on peut dresser un catalogue de ces mots à double sens, et avoir la joie de démasquer la "propagande" :

Travailleurs
Le mot « travailleurs » désigne les ouvriers et employés. Le mensonge implicite est que les patrons ne sont pas travailleurs.

Défavorisés
Le mot « défavorisés » désigne les pauvres. « Défavorisé » indique une situation subie, involontaire, de quelqu’un qui n’a pas reçu de faveurs. Le mensonge implicite est que nul n’est pauvre en raison de son manque de courage pour travailler. Le deuxième mensonge implicite est que les riches sont riches non pas en raison de leur travail, mais en raison de "faveurs".

Le sujet de la pauvreté mérite plus de discernement et moins d'intention manipulatrice.

Réforme
Le mot « réforme » désigne une « modification ». Le mot « modification » est descriptif, mais le mot « réforme » s'est vu attribuer à force de matraquage une connotation positive. Le mensonge implicite est que toute modification...est un progrès !

De plus, ajoutons que le mot "réforme" est un écran de fumée. Ce mot permet d’éviter de désigner la substance même de la modification apportée. Par exemple, « réforme des retraites » masque la réalité qui est « augmentation des cotisations » (en taux et/ou en durée).

Pouvoir d’achat
« Vouloir augmenter  son pouvoir d’achat » a une connotation positive : il peut sembler légitime de vouloir étendre son pouvoir. Mais la réalité ainsi désignée est l'avidité consumériste. En utilisant l'expression "pouvoir d'achat" qui a une connotation positive, le mensonge implicite est qu’il est normal d’être avide d’une société de plus en plus matérialiste.  


Moyennant un effort de conscience, chacun peut se régaler en démasquant les mécanismes de la propagande idéologique.

D'ailleurs, chaque fois que l'on démasque une idéologie, on se rapproche des solutions politiques centristes, le centrisme étant par définition la politique dépolluée de l'idéologie.

samedi 25 juin 2011

Il y a 697 Commissions administratives nationales qui renforcent la bureaucratie d'Etat ! Voici comment sortir du grotesque.

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La France a un excès de bureaucratie.
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Selon les documents annexés au budget 2011, les citoyens que nous sommes financent 697 commissions permanentes.

La plus connue de ces commissions est la CNIL, Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés.
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Ces commissions ont un coût direct de 25 millions d’€, mais surtout un coût indirect en termes d’excès de production réglementaire et législative, et de complexification des processus de décision.

Toutes ces commissions sont des excroissances de l’administration. D'ailleurs, toutes les fonctions de ces commissions continuent d'être assurées, sous une forme différente, par d'autres institutions, par des fonctionnaires d’Etat, ou par des organes politiques.
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Il y a par exemple 13 commissions différentes pour la préservation de la langue française, alors que l’Académie Française honore cette mission depuis 1635.

Il y a de multiples commissions en double, en triple, en quadruple qui assurent les mêmes missions.
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On oscille aussi entre les rires et les pleurs, lorsque l’on voit que nos impôts - et notre endettement forcé - financent une Commission centrale des appareils à pression, un Conseil national du froid, un Comité stratégique du calcul intensif, ou encore un … Comité de pilotage des évènements indésirables !


C'est le triomphe du grotesque.


Pourquoi on crée des Commissions, et pourquoi on les maintient ?


Ce qui a présidé à la création de ces 697 commissions, c’est l’intention officielle de résoudre un problème spécifique. Sous couvert d’une bonne intention, ces organes prolifèrent sans tempérance.


La part d’ombre de ces Commissions, c’est que leurs membres en tirent un profit d’influence et d’argent, et tentent de légitimer l’organe qui leur profite : de ce fait, les Commissions se maintiennent pour d’autres raisons que celles qui ont présidé à leur création.




Une tentative inefficace pour remédier au grotesque.


Pour remédier à ce grotesque, l’article 112 de la loi de finances pour 1996 a fait obligation au gouvernement de présenter chaque année au parlement, en annexe du projet de loi de finances, la liste des commissions et instances consultatives ou délibératives. L’objectif poursuivi était de remédier aux situations les plus criantes. Mais cette disposition a fait preuve de sa faible efficience : le rythme de créations nouvelles empêche les suppressions de faire leur plein effet. Le grotesque se rebiffe !




Solution pour traiter le grotesque à la racine.


Pour remédier au grotesque de façon plus efficiente, je propose de revenir à la source de la motivation la plus sombre qui préside au maintien de ces commissions, et d'éliminer la source de ces sombres motivations.


Je propose que la participation à ces commissions ait un caractère bénévole pour les membres désignés, et que les membres ne soient pas cités dans les documents collectifs publiés : ni motivation d'argent, ni motivation d'égo, et nous serons enfin guéris de ce qui devient une plaie à force d'abus accumulés.


Je propose aussi d’intégrer dans les locaux des ministères correspondants l’organisation pratique des réunions, moyennant l’emploi des fonctionnaires d’administration centrale pour assurer la logistique.


Par bénévolat, il convient d’entendre que la participation d’un fonctionnaire en activité aura lieu hors ses horaires de travail rémunéré, à l’identique de tout autre citoyen qui serait convié à participer aux travaux.


Ainsi, l’accusation de croquer un des « fromages de la République » deviendra caduque.


Ainsi, l’intention qui présidera au maintien d’une commission sera dépollué de toute considération d’intérêt financier, et le coût des commissions sera tempéré.


Ainsi, nous verrons aussi les commissions inutiles tomber d’elles-mêmes.


Enfin, nous verrons les fonctions externalisées retourner à leur administration, à leur institution, ou à leur organe politique d’origine, lorsqu'il sera sage qu'elles y retournent.



Je propose d’étendre ces principes de tempérance aux collectivités locales et aux administrations de sécurité sociale, qui sont elles aussi dégradées par ce grotesque.
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Que celui qui a une meilleure solution se lève et le prouve.


vendredi 17 juin 2011

Que va-t'il se passer au cours du prochain quinquennat ?


Au cours du prochain quinquennat, la France sera dans une situation des finances publiques similaire à celle des grecs aujourd'hui ( Rapport de la Cour des Comptes 2011).

Le remède serait de réduire les dépenses publiques d'au moins 10% (ou d'augmenter les impôts de 450 € en moyenne par mois pour chaque actif, solution intenable).
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Toutefois, la masse des électeurs est conditionnée à penser que les dépenses publiques sont bénéfiques. La masse des électeurs ignore que plus de 56% des dépenses en France sont des dépenses publiques.

Du fait de ce conditionnement et de cette ignorance, aucun candidat ne sera élu sur la base d'un programme de réduction des dépenses publiques, et aucun président ne prendra les mesures nécessaires sans l'apparition d'une contrainte incontournable.

Les prêteurs se méfieront alors de plus en plus de notre inconséquence, et demanderont un taux plus fort pour rémunérer leur risque. D'ailleurs, le prix des garanties sur les risques  d'impayés de l'Etat s'est déjà envolé depuis deux ans (il s'agit ici des "CDS", les "Credit Default Swaps").

Lorsque la situation sera insupportable, que les taux monteront en flèche, les détenteurs du pouvoir politique et administratif rejetteront la responsabilité sur les institutions financières, dans l'objectif de préserver leurs propres privilèges.

Dans le même temps, compte tenu de la propension des français à transposer les combats politiques en manifestations de rue, on peut envisager que les émeutes aient une intensité plus forte que les émeutes actuelles en Grèce. Souvenons-nous que les armes à feu ont fait leur apparition dans les émeutes de banlieue.

Qui vivra verra.

...A moins que le salut ne vienne de contraintes imposées par l'Europe, et que l'on mette en place par exemple une responsabilisation financière personnelle de la haute fonction publique. La haute fonction publique a un pouvoir réel, il serait prudent et juste qu'elle ait une responsabilité réelle.
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Je crois que cette reponsabilisation est le chemin le plus efficient à long terme. D'ailleurs, ...que celui qui a une meilleure solution se lève et le prouve.

lundi 6 juin 2011

L'armement nucléaire nous détruira-t'il ?



Enola Gay est le Boeing B-29 Superfortress qui largua la Bombe A sur Hiroshima .


Mon constat est que l'armement nucléaire prolifère et donne la capacité de détruire la vie sur Terre.

Ma conviction est que la Création doit être protégée.

Mon objectif politique ultime est le désarmement nucléaire. Ce combat vaut que l'on y sacrifie sa vie.

Au service de cet objectif, l'élimination du nucléaire civil est efficiente.
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Au service de cet objectif, la France peut être le point de départ du désarmement mondial, dans le cadre d'un accord européen qui en fixe les principes.
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Au service de cet objectif, l'intégration de la Russie dans l'Union Européenne est efficiente.

En pratique, la France peut s'engager à détruire ses armes nucléaires sous réserve d'engagement par exemple de l'Angleterre, laquelle prend ce même engagement sous réserve d'engagement de la Russie, puis pays par pays au-delà de l'Europe, de sorte que le mouvement diplomatique soit orienté dans le sens d'un désarmement total, et de façon à nourrir l'espérance humaine en un accord international complet, quelle que soit la durée du cycle de négociation.

Certes, ce mécanisme diplomatique se grippera, traînera, repartira, mais au moins aura-t'il la vertu d'éveiller les consciences et de donner une chance véritable au maintien de la vie sur Terre en général, et de l'espèce humaine en particulier.



Addendum le 8 juin 2011

Je pars de l'hypothèse selon laquelle un pays peut plus aisément accepter son désarmement nucléaire si tous les autres pays procèdent à ce désarmement.

D'autre part, il est plus efficace de prévoir un cycle de négociations où chaque pays s'engage à mesure de sa propre évolution politique interne, que de croire à un accord multilatéral idéal universel.

Le TNP fonctionne d'ailleurs déjà sur ce principe d'adhésion.

Mais ce que je veux ajouter au mécanisme du TNP, c'est un engagement conditionné par l'adhésion d'un nombre déterminé d'autres pays, qui peuvent être nommés ou non. Par exemple, la France peut s'engager à détruire ses armes nucléaires si trois pays possesseurs dont l'Angleterre et la Russie procèdent à la destruction. Par exemple, Israel peut s'engager à détruire ses armes nucléaires si tous les pays de la Ligue Arabe s'engagent à ne jamais s'équiper, et si trois pays équipés hors la Ligue Arabe détruisent leurs armes.

Les accords définissent l'appareil de sanctions les garantissant.

Or quelle est la situation géostratégique dans laquelle se place ce procédé de négociation, et quel est le point de faiblesse dans le maintien de la forteresse nucléaire ?

Le Pakistan et l'Inde ne baisseront pas leur garde tout seuls car ils sont en fait en guerre, Israël est une forteresse assiégée, les Etats-Unis sont isolés dans leurs décisions du fait même de leur suprématie militaire et n'ont plus le désarmement soviétique comme monnaie d'échange, et les Chinois sont en pleine expansion de leur équipement militaire pour des raisons qui sont autres que militaires à mes yeux.

En pratique, l'Europe me parait être le meilleur point de départ de ce cycle de négociations. C'est en Europe que la doctrine d'emploi et de désarmement est le plus susceptible d'évoluer, tant par son état géostratégique, que par l'expérience acquise des négociations internationales à forte incidence interne.
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"I state clearly and with conviction America's commitment to seek the peace and security of a world without nuclear weapons" Barack Obama, avril 2009.


Voir aussi le travail de l'organisation Global Zero, fondée en 2006.



samedi 14 mai 2011

Lettre au candidat à la Présidence de la République



Madame ou Monsieur le candidat,


Félicitations pour votre candidature. Mais proposerez-vous des solutions à mesure du problème, ou céderez-vous au laxisme pour séduire l'électorat ?

Voilà les données du problème auquel vous devez faire face :

Le déficit public en 2010 était de 126 milliards d'€. Pour bien comprendre la portée de ce chiffre, je l'ai divisé par le nombre d'actifs en France, soit 28 millions, et j'obtiens 450 € par mois.

Il aurait donc été nécessaire, cher candidat, d'augmenter les impôts des actifs en moyenne de 450€ par mois pour être à l'équilibre. Ceux qui gagnent plus que la moyenne devant d'ailleurs payer plus que cette somme,  "en raison de leurs facultés", selon la règle posée par l'article 13 de la déclaration des Droits de l'Homme.

On pourrait aussi répartir la charge entre les actifs et les non actifs.

Mais quelle que soit la répartition entre riches et pauvres, ou entre actifs et inactifs, cela semble irréaliste, d'autant plus qu'il faut aussi rembourser une dette  publique représentant 60.000 € par actif. Cette dette continue à galoper pour cause de déficit persistant. Une situation "à la Grecque" se rapproche, et est inexorable si l'on maintien le cap fixé par le Président actuel.

Devant votre peu d'empressement à proposer des solutions proportionnées au problème, j'ai creusé le sujet par moi-même :

Dans le "Rapport annuel sur l'état de la fonction publique", j'ai constaté que les effectifs de la fonction publique ont augmenté d'un million de personnes entre 1988 et 2008. La progression ralentit pour la fonction publique d'Etat, mais les autres fonctions publiques poursuivent leur expansion sans tempérance.

J'ai aussi constaté dans les chiffres  publiés par l'INSEE que la France a fait exploser ses propres records de dépenses publiques en pourcentage de la richesse produite (PIB). On atteint 56,7% en 2009 et 56,6% en 2010.

Cette démesure me conduit à vous poser deux questions. J'espère que vous pardonnerez mon insolence :

Les menaces qui pèsent sur nous touchent-t'elles votre conscience ? Quelles solutions pratiques proposez-vous ?

Si vous dites la vérité sur la situation, ce sera déjà une première victoire. Cette victoire vous différenciera de vos compétiteurs, qui pour l'instant préfèrent une propagande facile pour attirer les suffrages.

Dans l'attente de votre réponse,
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Veuillez agréer, Madame ou Monsieur le candidat, l’assurance de mes pensées bienveillantes.

dimanche 8 mai 2011

Pourquoi le centrisme politique est-il nécessaire ?



Le centrisme politique est nécessaire, car il est seul capable de rassembler les fragments de la société.
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D'ailleurs, constatons que la fragmentation se manifeste partout.
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Avez-vous remarqué qu’il y a de plus en plus de spécialités médicales ? Le monde de la santé est fragmenté.
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Avez-vous remarqué qu’il y a de plus en plus de divorces ? Le monde de la famille est fragmenté.
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Avez-vous remarqué qu’il y a de plus en plus de parcours professionnels chaotiques ? Le monde du travail est fragmenté.
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Quelles sont les conséquences de ces fragmentations ?
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La fragmentation du monde de la santé est une source d’incompréhension et d’angoisse pour les patients. Pour les soignants,  c’est une source d’erreurs et de difficultés de diagnostic.
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La fragmentation du monde de la famille est une source d’inquiétude et de douleur pour les couples et les enfants.
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La fragmentation du monde du travail est une source d’insécurité et de stress.
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Dans tous les domaines, la fragmentation génère la souffrance : la consommation d’anxiolytiques bat des records, et les cabinets de psychologues se développent comme autant de symptômes de cette souffrance.
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Pour y remédier, les fragments épars doivent être rassemblés.
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La vocation du centrisme politique est de rassembler les fragments.

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Rassembler ce qui est épars, débarrasser le champ politique de ses divisions idéologiques, pour retrouver les principes unificateurs.
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Mais l'affirmation de cette posture semble peu risquée, voire insipide.
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Il faut aussi oser aller au-delà de la surface des choses pour affirmer que ces principes unificateurs ont en réalité une source métaphysique. Il faut aussi oser affirmer que ces principes unificateurs sont appréhendés seulement par une petite élite.
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Ces principes sont difficiles d'accès et méconnus. Ces principes métaphysiques sont difficiles d’accès, comme il est difficile de courir un marathon en moins de 2 heures 15. Seule une élite de coureurs sait passer sous ce seuil, et seule une élite d'individus est capable d'appréhender les principes métaphysiques.
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Cette élite ne cherche pas à cacher quoi que ce soit, d’ailleurs. Cette élite est dispersée et discrète. Les théoriciens du complot se fourvoient en imaginant des réunions secrètes pour régenter le Monde. La métaphysique n'a pas besoin de complot pour exister !
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Le caractère méconnu des principes métaphysiques peut faire craindre en quelque menace inconnue, mais il n'y a aucune menace : ces principes sont hors du temps et universels, et sont dépourvus d'"intention".
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D'ailleurs, ces principes deviennent visibles du grand nombre et perdent de leur mystère lorsque qu’ils sont déclinés en principes religieux ou philosophiques. Remarquons que c'est  alors la mauvaise qualité de leur traduction religieuse ou philosophique qui peut être nuisible.
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En pratique, ces principes universels sont étudiés par l’hindouisme, par Platon, par la scolastique, par la kabbale, par le soufisme, etc... Observons que chaque civilisation a rebâti son chemin d'accès selon sa nature propre.
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Pour avoir une idée de ce que sont ces principes métaphysiques, constatons par exemple que la raison progresse toujours et ne conclut jamais. Pour connaître l’essence immuable des choses, il est donc nécessaire de disposer d’une faculté qui dépasse cette raison provisoire. Cette faculté procède d’un principe supérieur unique, central, et capable de rassembler les fragments épars.
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Le centrisme politique, s'il est bien compris, est capable d'être une manifestation temporelle de ce principe atemporel unificateur.
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Le centrisme est par définition central et dépouillé des idéologies inventées par l'Homme : ces  deux caractéristiques qui lui permettent d'être l'expression d'une dimension supérieure.
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Cette dimension supérieure donne au centrisme politique une force inaltérable. D'ailleurs, du fait de cette force, le centrisme finit toujours par renaître, quels que soient les pays, même lorsque le bipartisme est organisé par les institutions, et même lorsque les centristes eux-mêmes ignorent l'existence de cette force.
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Le centrisme est inexorable, inaltérable. Et il est de plus en plus nécessaire pour rassembler les fragments de la société.